De la négligence à la maltraitance …

De la négligence à la maltraitance


… conséquences sur la santé et la réussite scolaires des enfants

Introduction
Quand peut-on dire qu’un enfant est victime de maltraitance ?


1- Nos comportements quotidiens peuvent nuire à nos enfants.
a- Le tabagisme passif de l’enfant
b- Les conséquences sur les enfants et « fumeurs » passifs
c- Des sirops contre la toux
d- La toxicomanie des parents

2- L’enfant insuffisamment nourri
a- Etat des lieux
b- Les besoins en énergie
c- Les conséquences en France de déséquilibre et carences
– Difficultés liées au jeûne du Ramadan
– Le PICA
– La saturnisme
– D’autres carences

3- L’enfant qui manque de sommeil
a- Courte analyse
b- Les perturbations du sommeil chez le jeune et leurs conséquences
c- La sieste en Maternelle

4- L’enfant qui subit des abus sexuels
a- Définition des Abus SExuels : A.SE.
b- Différents A.SE.
c- Les conséquences des A.SE. et de la prostitution des enfants
d- Les facteurs aggravants

5- L’enfant qui subit l’excision
a- Quelques chiffres
b- Les causes

6- L’enfant victime de violences physiques et psychologiques
a- Enfants maltraités : coups et délaissements
Complément : les sectes
b- Les violences psychologiques institutionnelles
c- Les violences de jeunes sur d’autres jeunes

7- Les signes de maltraitance et de violences
a- Cinq choses « très utiles » à dire
b- Les signes d’appel de maltraitance
c- Proposition d’une démarche pédagogique

Conclusion


Nº de téléphones utiles


Introduction
Quand peut-on dire qu’un enfant est victime de maltraitance ?


« L’enfant ou adolescent maltraité est celui qui est victime :
– de violence physique,
– de cruauté mentale : violence psychologique,
– d’abus sexuels,
– de négligences lourdes,
– d’exploitation
ayant des conséquences graves sur le développement physique et psychologique
« .


La maltraitance peut se manifester par :
– des humiliations, injures, brimades et mépris,
– des exigences éducatives disproportionnées par rapport au développement de l’enfant,
– l’abandon affectif : le chantage, les menaces, la terreur, un comportement pervers.
La maltraitance n’est pas toujours intentionnelle : les relations parents-enfant peuvent être perturbées du fait d’une mauvaise entente conjugale, des problème de santé des parents …
La négligence est un manque de soin et de vigilance. Il s’agit d’une faute non intentionnelle.


10 à 20% des enfants battus sont victimes d’abus sexuels.
1 à 2 enfants meurent chaque jour en France suite à la maltraitance.

Années
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
Enfants maltraités : nombre de signalements
17 000
20 000
21 000
21 000
19 000
18 500
18 300
Maltraitances physiques
6 500
7 000
7 500
7 000
7 000
6 500
6 800
Abus sexuels
4 500
5 500
6 500
6 800
5 000
4 800
5 500
Négligences graves et violences psychologiques
6 000
7 500
7 000
7 200
7 000
7 200
6 200

1- Nos comportements quotidiens peuvent nuire à nos enfants


a- Le tabagisme passif de l’enfant

Il s’agit d’une négligence c’est à dire une faute non intentionnelle résultant d’u manque de vigilance car :
les goudrons font mourir les cellules des bronches, ce qui provoque les cancers,
la nicotine passe immédiatement dans le sang et atteint le cerveau très rapidement (en 7 secondes). La fumée provoque un manque d’oxygène dans les globules rouges et dans les muscles,
la nitrosamine provoque la toux et les cancers des poumons.

A savoir :
– une cigarette écourte la vie de 11 minutes et donc un paquet d’environ 4 heures,
– c’est la 1ère cause de mortalité évitable en France, considérée comme responsable de 60000 décès par an soit plus de 10% des morts annuelles,
– 200 personnes meurent alors qu’ils n’ont jamais fumé mais leur mort est liée au tabac,
– chez les hommes, le tabagisme affaiblit l’érection et à l’origine d’impuissance (+15% s’il y a consommation d’un paquet par jours pendant 5ans et +72% pendant 20 ans).

 

b- Les conséquences sur les enfants et « fumeurs » passifs

La tabagisme entraîne de nombreuses altérations sur la santé de l’enfant et du « fumeur » passif :
otite facteur de surdité, asthme,
accident cardiaque : × 3 quand les parents fument (mort subite),
– Induction d’une dépendance physique vis à vis du tabac (en raison de l’imprégnation nicotinique),
Incitation future provoquée par l’exemple (le tabagisme étant un comportement d’imitation).

 

 

c- Des sirops contre la toux


Dans les sirops contre la toux (pour enfants), il y a :
– de la codéthyline et de la codinne qui sont des dérivés de l’opium,
– de l’alcaloïdes qui est un dérivé de la morphine,
– de l’alcool (comme le Néo-codiom, Codotussyl, Tussipax, Bronchy).
Aujourd’hui, les sirops contre la toux, détournés de leur utilisation médicale servent de médicaments pour faciliter l’endormissement des enfants et peuvent favoriser ultérieurement une addiction pour la drogue.
Attention au Synthol qui provoque des terreurs nocturnes de l’enfant quand on en applique sur la tête de l’enfant.

 

 

d- La toxicomanie des parents
Plus de 5 verres d’alcool correspond à un risque de basculement …
On compte 38000 décès par an hors accident de voitures.
Les phénomènes de maltraitance peuvent être induits ou aggravés par la toxicomanie (alcool, drogues illicites) de parents ou de gardiens de l’enfant.
Dans les familles de toxicomanes, on observe une association marquée avec les violences physiques, psychologiques et sexuelles dirigées contre les membres de la famille, plus particulièrement les femmes et les jeunes enfants.
20 grammes par jours d’alcool (soit 2 verres) chez une femme enceinte suffisent à provoquer une diminution du poids du bébé, de même que pour le tabac. Cela provoque aussi des retards physiques et intellectuels chez l’enfant.

2- L’enfant insuffisamment nourri

 


a- Etat des lieux


Les enfants sont de plus en plus nombreux :
– à revenir affamés à l’école à la fin du week-end (certaines municipalités accroissent les portions à la cantine le lundi),
– à arriver à l’école tous les matins sans avoir mangé.


La pauvreté est une explication mais aussi certaines familles donnent moins d’importance à l’alimentation.
La collation doit toujours avoir lieu avant la récréation et si possible en variant les aliments proposés.
La consommation de produits laitiers, de fruits et de légumes est insuffisante. Les viennoiseries et les biscuits occupent une place trop importante par rapport au pain qui est pourtant un aliment de base moins coûteux.
En ZEP, seuls 36% des enfants sont demi-pensionnaire contre 60% ailleurs.

 

b- Les besoins en énergie


Ils varient selon l’age, le sexe, l’activité physique et la température ambiante … mais aussi le sujet considéré.

Ages
Rations caloriques
2 à 3 ans
1 300 calories
3 à 6 ans
1 500 à 1 900 calories
7 à 10 ans et adultes sédentaires
2 000 à 2 400 calories

11 à 15 ans filles

11 à 15 ans garçons

2 300 à 3 000 calories

2 600 à 3 300 calories

Un enfant qui a faim est agité et inattentif.
Chez l’enfant d’age de 7 ans, les nutritionnistes estiment que les apports caloriques doivent être assurés sous la forme de 4 repas par jour :
25% au petit déjeuner, 30% au déjeuner, 15% u goûter et 30% au dîner.

 

c- Les conséquences en France de déséquilibre et carences

– Difficultés liées au jeûne du Ramadan
Elles se manifestent par :
– un manque de sommeil,
– un manque de nourriture,
– une hausse de l’agressivité.
La modification du rythme de vie de familles durant cette période change le comportement des enfants et des actes: La mise en place de l’observatoire de la violence en Seine-Saint-Denis en 1993, sous l’impulsion de monsieur Bottin alors inspecteur d’académie, a conduit à des analyses de plus en plus précises. Elles ont permis d’observer un pic de violence situé fin janvier 1996. On a constaté l’année suivante que le pic était plus proche d’une dizaine de jours du début de l’année.
Il a fallu se rendre à l’évidence : le Ramadán (qui avait débuté en 1996 le 23/01/1996) a visiblement des conséquences sur les jeunes concernés.


Supporter 12 h à 16 h (selon la date) de jeûne et une quantité de sommeil diminuée implique des modifications de paramètres biologiques : glycémie ( = taux de sucre dans le sang), insuline (hormone qui diminue la glycémie) et gastrine (hormone qui stimule les sécrétions digestives de l’estomac et du pancréas). Il faut ajouter une baisse de sécrétion de la mélatonine (hormone contrôlant les rythmes biologiques et produite par la glande pinéale ou épiphyse et en moindre quantité par la rétine) et des modifications des cycles de sécrétion du cortisol (hormone qui accroît la glycémie), de la testostérone (= hormone mâle), de la FSH et de la LH (hormones de l’hypophyse contrôlant la sécrétion des hormones sexuelles), de l’hormone de croissance et de la thyréostimuline (Cf. Life Sciences d’avril 2001).


– Le PICA
(du nom latin de la pie)
Le PICA désigne le fait d’aborder des substances non-commestibles (cheveux, bois, plâtre, pierre, terre : géophagie).
Ces absorptions peuvent entraîner une occlusion car ces masses se stockent et s’accroissent dans l’estomac et l’intestin. Elles peuvent provoquer une pâleur, des difficultés respiratoires, des retards de croissance.


– La saturnisme

Il s’agit d’une maladie due à l’intoxication chronique par des sels de plombs.
2% des enfants et 5% des adultes ont un taux excessif de plomb dans le sang.
Le saturnisme est dû aux canalisations en plomb et aux peintures au plomb. C’est souvent sous les ongles que les enfants ont des écaillent de peinture et qu’ils se mettent à la bouche (couper les ongles).
Les symptômes de l’intoxication sont très peu spécifiques :
– vagues douleurs abdominales avec constipation,
– arrêt de la croissance au niveau des cartilages,
– diminution des capacités d’apprentissage et de la mémoire,
– fatigues et crampes.
Les enfants sont apathiques, nerveux (explosion de colère) et ralenti scolairement.

– D’autres carences
L’IODE : son manque peut entraîner un retard de développement physique et mental. Une carence en iode se révèle par le goitre qui correspond à une hypertrophie de la glande thyroïde.
Lors de la grossesse, la femme doit ingérer une alimentation riche en iode (lait, poisson, oeufs) et utiliser du sel enrichi en iode.
Le CALCIUM : le manque de calcium pendant la période de croissance expose à des risques d’ostéoporose.
Le FER : la majeur partie du fer de l’organisme est localisée dans le sang; Le fer est en effet présent dans l’hémoglobine des globules rouges (2,5 grammes) et il y assure la fixation, le transport et la libération de l’oxygène.
7 à 12% des enfants de moins de 5 ans présentent une carence en fer en France à la fin 2000.
Les vitamines sont des molécules nécessaires en très petite quantité. Elles peuvent venir combler certaines carences.

3- L’enfant qui manque de sommeil


Il est important que les parents et les professeurs enseignent aux enfants l’importance du sommeil et avoir les exigence qu’il sied afin d’aider leur croissance et leur réussite scolaire.


a- Courte analyse


Les stades du sommeil d’une nuit typique d’adulte alternent entre des cycles de sommeil lent d’une part et des phases de sommeil paradoxal ou « rêve » d’autre part.
Le sommeil lent léger est un sommeil intermédiaire d’une durée très variable selon les individus. Sa durée aboutit à distinguer les « petits dormeurs » et les « grands dormeurs ».
C’est pendant le stade de sommeil lent le plus profond (stade 4) que l’enfant grandit. Il intervient dans la récupération de la fatigue physique. Il importe que sa durée soit respectée sous peine d’un ralentissement de la croissance et d’une tendance à l’adiposité.

b- Les perturbations du sommeil chez le jeune et leurs conséquences


– En ce qui concerne la durée :
Des enquêtes effectuées en milieu scolaire montrent que 3/4 des écoliers, collégiens et lycéens ne bénéficient pas d’un sommeil régulier suffisant ni d’une durée de sommeil suffisante.


– En ce qui concerne la qualité :
Certains enfants ont des problèmes de terreurs nocturnes (entre 3 et 12 ans) qui s’estompent avec l’age en général tandis que d’autres apparaissent à l’adolescence.
Les terreurs nocturnes : il s’agit de crises d’angoisse survenant au cours du sommeil. Elles se rencontrent chez 2% à 6% des personnes, surtout chez les garçons particulièrement entre 3 et 12 ans.
Elles durent de quelques minutes à 1/2heure. Elles interviennent une fois par nuit en général et se manifestent par des cris. Il ne faut pas éveiller un enfant qui est vit une terreur nocturne afin d’éviter confusion et peur.
Les causes possibles :
– l’hérédité
– la prise de médicaments (comme le Synthol)
– la fièvre.
La semaine de 4 jours tend à aggraver les problèmes d’insomnie chez l’enfant.


Le déficit en sommeil nocturne se traduit par :
Un manque de vigilance pouvant aller jusqu’à la somnolence,
De faibles capacités d’attention,
De faibles performances aux taches scolaires,
Et pour les adolescents, une irritabilité accrue et des difficultés à se concentrer.

c- La sieste en Maternelle


Il est conseillé de toujours faire garder le même lit aux enfants et de les obliger à s’allonger minimum 20 minutes. Après ce temps :
– les enfants qui dorment restent,
– les enfants qui ne dorment pas, s’habillent et vont dans la classe travailler avec l’enseignant.
Si certains enfants de Moyenne ou Grande section montrent le besoin de dormir, leur proposer d’aller se reposer au dortoir.
Un enfant qui présente des troubles dès le matin (envie de dormir) peut être le signe de manque de sommeil suite à de la maltraitance ou à des abus sexuels (perturbe les nuits par peur).


4- L’enfant qui subit des abus sexuels


a- Définition des Abus SExuels : A.SE.

Pour l’OMS,  » il y a abus sexuels lorsqu’un mineur qui n’a pas l’age du consentement (de la majorité dite sexuelle, évaluée entre 14 et 18 ans selon les pays et 15 ans en France) est victime d’un adulte ou d’une personne plus âgée qu’elle« .
On distingue parmi les A.SE. les abus sexuels « avec contact » et les abus sexuels « sans contact» :
– les agressions sexuelles avec viol (pénétration buccale, anale ou vaginale),
– tous les contacts sexuels même « incomplets » (baisers, attouchements, caresses, masturbations),
– les abus sexuels ne sont pas seulement des contacts physiques, mais des paroles déplacées, de l’exhibitionnisme, la projection de films pornographiques à des enfants…

b- Différents A.SE.


Le VIOL consiste en un acte de pénétration sexuelle (vaginale, anale au moyen d’un organe sexuel, d’un doigt ou un objet) ou encore un acte de pénétration buccale par un organe sexuel, effectué sur une personne de sexe féminin ou masculin, sans son consentement.
Un rapport sexuel avec un mineur de moins de 15 ans est toujours qualifié de viol en raison de son age car il est considéré comme ayant été abusé.
L’iNCESTE désigne des relations sexuelles entre proches parents du 1er degré et, en droit général, par un homme et une femme à un degré qui entraîne la prohibition du mariage.
La PEDOPHILIE : l’OMS la définit comme « une préférence sexuelle pour les enfants, généralement d’age pré pubère ou au début de la puberté« . Il est admis qu’il s’agit d’enfants, garçons ou filles, âgés de 13 ans au plus et que pour commettre un acte qualifié d’acte de pédophilie, il faut avoir au moins 16 ans et au moins 5 années e plus que l’enfant.
Le terme de « pédophilie » n’est pas mentionné dans un code pénal. Cependant ce dernier réprime toute atteinte ou toute agressions sexuelles infligées à un mineur.
On sait que le pédophile est exceptionnellement une femme.
On distingue :
– le pédophile exclusif (celui qui n’a de relation sexuelle qu’avec l’enfant),
– le pédophile non-exclusif (celui qui est attiré également par des adultes).
Il est établi que de nombreux pédophiles ont été victimes d’abus sexuels pendant leur enfance.
5% des abuseurs sont des enseignants.

c- Les conséquences des A.SE. et de la prostitution des enfants


Ces atteintes provoquent des ravages psychologiques plus ou moins importants avec tendance à la dépréciation de soi, à la dévalorisation, à la culpabilité et à des troubles relationnels avec agressivité et réactions phobiques. S’y ajoutent des conséquences physiques graves sur la croissance, le développement et l’état général de la santé (anxiété, dépression…).
Les troubles psychiques :
– Déculpabiliser l’enfant car il est victime. Il est important que l’enfant comprenne que ce qu’il a subi est pénalement répréhensible.
– Dépression, suicide, tentative de suicide, sur 30 adolescents victimes d’agressions sexuelles 22 d’entre eux avaient effectué un ou plusieurs tentatives de suicide.
– Blessures volontaires infligées à soi-même, agressivité extrême,
– comportement d’agresseur sexuel,
– boulimie (répond à une volonté de mieux se protéger) et anorexie (répond à une volonté de devenir transparent),
– conduites de fuite (drogue, alcool, fugue et conduites à risque),
– comportements sexuels souvent gravement perturbés.

Les troubles physiques :
– plus forte consommation médicale,
– grande fréquence de symptômes d’expression somatique (constipation, multiples examens et consultations),
– même type d’observations en urologie et gynécologie.

d- Les facteurs aggravants


– L’age de la victime, plus l’abus sexuel est précoce plus le traumatisme est pathogène,
– La désaveu du traumatisme par la mère,
– La durée de l’exploitation sexuelle,
– L’absence de traitement judiciaire car il concourt à la réparation psychique et symbolique de l’enfant.


5- L’enfant qui subit l’excision

a- Quelques chiffres

95 à 97% des petites égyptiennes sont excisées.
En France 30000 femmes et 7000 fillettes sont concernées par les mutilations sexuelles (mai 1999).
L’excision est largement pratiquée en Afrique mais existe aussi en Asie et au Moyen-Orient. Il s’agit d’un crime pour mutilation.

b- Les causes

– aucun culte n’impose l’excision,
– Les Bambaras pensent que le clitoris est un organe maléfique… dangereux pour l’homme qui pourrait être piqué et tué par ce dard.
– Au Burkina Faso les femmes ont peur que le clitoris puisse tuer l’enfant s’il touche sa tête lors de l’accouchement.

6- L’enfant victime de violences physiques et psychologiques

a- Enfants maltraités : coups et délaissements

Les enfants maltraités sont souvent des enfants :
– non désirés,
– prématurés (25% des cas),
– handicapés.
Au sein de la famille, la violence peut se répéter d’une génération à l’autre, les enfants maltraités devenant des parents maltraités dans 25 à 35 % des cas (d’après l’étude de Kaufman et Zigler).
Chez les enfants de moins de 3 ans, les fractures osseuses sont liées à des sévices dans 24 % des cas. Chez les enfants de moins de 1 an elles le sont dans 39 % des cas.
Le premier signe d’appel d’un risque de maltraitance, fréquemment signalé par les médecins de ville, est la demande de médicaments pour faire dormir l’enfant …

Qui maltraite ?
Père : 40,94 %
Mère : 30,41 %
Beau-père : 10,5 %
Autres : 8,87 %
Autres membres de la famille : 3,44 %
Frère et soeur : 2,26 %
Grands-parents : 1,95 %
Belle-mère : 1,65 %
Mère et père : 0,42 %
Quand la famille subit des difficultés financières, de couple… les probabilités de maltraitance se multiplient. Les conditions vécues sont très influentes.
Souvent la mère « ne sait plus comment faire » face à un père maltraitant. 10 % des femmes reçoivent des coups. En 1998, il a été relevé 102 homicides (meurtres d’enfants).

Complément : les sectes
Les sectes représentent un risque majeur de maltraitance pour les enfants (violences physiques, psychologiques et sexuelles).
Le plus inquiétant c’est l’avenir des enfants d’adeptes qui ont grandi auprès de parents piégés par une secte. Ces jeunes n’ont pas d’autres repères que la secte. (Un site personnel complet et simple, http://membres.lycos.fr/tussier/home.htm, est dédié à tous afin de mettre en garde et d’informer contre le danger que réprésente le phénomène des sectes, en particulier la Scientologie).

– Qu’est-ce qu’une secte ?
« Une secte est un groupe qui, sous une proposition séduisante de spiritualité, de thérapie ou de développement personnel … poursuit des objectifs contraires aux droits les plus fondamentaux de l’homme par des agissements qui lieu portent gravement atteinte ».
Les sectes ont recours à la manipulation mentale qui consiste à créer chez l’autre une allégeance, une perte de l’esprit critique, par des techniques diverses (culpabilisation, intimidation, pression…).

– Le mode de fonctionnement
1ère étape : La séduction
Les membres de la secte réserve un accueil chaleureux pour séduire. Ce groupe valorise le nouveau membre.
2ème étape : La mort de l’esprit critique
La secte modifie les habitudes : nourriture, privation de sommeil, travaux… Des séances de prières et de méditation sont fréquentes.
3ème étape : L’illusion groupale
La secte diabolise l’extérieur, pour contraster avec le sentiment de bonheur intense ressenti au sein du groupe. Peu à peu, des ruptures commencent à se produire avec la famille, les amis, la société…
4ème étape : Le point de non-retour
Comment quitter la secte après avoir donné tout son temps et son argent ? Comment s’en sortir quand on n’a plus d’amis à l’extérieur ?

– Ne pas se laisser embrigader par une secte …
Pour savoir si l’organisme qui vous propose :
– une aide aux devoirs ou une formation musicale,
– des connaissances et compétences nouvelles,
– une vie meilleure,
– des contacts humains chaleureux …
est en fait une secte, téléphonez à l’un des numéros suivants :

CCMM (Centre de documentation, d’éducation et d’action Contre les Manipulations Mentales), association agrée par le ministère de l’éducation nationale :
11-15, rue Alexandre Dumas
75011 PARIS
Tel : 01.44.64.02.40
http://www.ccmm.asso.fr

UNADFI (Union Nationale des Associations pour la Défense des Familles et de l’Individu), association agrée par le ministère de l’éducation nationale :
130, rue de Clignancourt
75018 PARIS
Tel : 01.44.92.35.92
http://www.unadfi.org

Ministère de la jeunesse et des sports : 01.40.45.90.00 et ses directions régionales qui vous écoutent, vous informent et vous orientent.


b- Les violences psychologiques institutionnelles


L’enseignement est une faute quand :
– je prépare insuffisamment mon cours,
– je ne respecte pas les obligations de la comune (exemple: ne pas respecter les horaires),
– je m’autorise des réflexions ironiques, désobligeantes, voire humiliantes,
– mon discours ou mon comportement conduisent l’enfant à abandonner tout espoir de s’en sortir,
– j’avance des affirmations sans preuve,
– je distribue des punitions générales ou des punitions injustifiées,
– la sanction n’a pas de rapport avec le délit,
– la loi n’est pas la meme pour tous les enfants,
– j’utilise la peur ou des recettes plus ou moins sadiques pour me faire obeir.

Interdiction des chatiments corporels (depuis 1887)
Seul l’isolement provisoire est autorisé

Arreté du 26 janvier 1878:
« Aucune sanction ne peut etre infligée (à l’école maternelle). Seul est autorisé l’isolement sous surveillance d’un enfant momentanément difficile pendant un temps très court nécessaire à lui faire retrouer un comportement compatible avec la vie de groupe ».

c- Les violences de jeunes sur d’autre jeunes


En 1995, 24 % des élèves pensaient qu’il y avait une forte violence dans leur collège, ils étaient 41 % n 1998.
Sont considérées comme des violences graves :
1- Violences verbales (incluent incivilités)
2- Coups et blessures
3- Violences sexuelles
4- Vol, racket et tentatives de recel
5- Port d’armes blanches
6- Port d’armes à feu
7- Intrusions
8- Dégradations
En 1999-2000 sur 225 000 déclarations par trimestre, 2,8 % correspondent à des faits graves.

Que faire si un enfant est victime de violence, de racket, de bizutage?
Principe nº1 : aucune agression, quelle qu’elle soit ne doit etre passée sous silence,
Principe nº2 : lorsque l’agression a eu lieu dans l’enceinte de l’établissement ou dans son environnement immédiat, il faut prévenir le chef d’établissement.
Principe nº3 : si l’acte est grave, il faut persuader son enfant qu’il est nécessaire de déposer plainte et le faire.
Principe nº4 : tenter de mettre en place une action collective qui puisse aider le jeune à se sentir soutenu.

Les associations peuvent proposer :
– aux élèves vicitmes d’une infraction pénale dans l’enceinte ou à proximité de l’établissement scolaire mais aussi aux jeunes qui ont subi des abus sexuels,
– aux personnels des établissements agressés,
– un soutien psychologiqu aussi bien qu’une information sur les droits et u accompagnement dans les démarches.
Association « Stop la violence » : http://www.stoplaviolence.org
Pour le département du 93 : « SOS victimes 93 » : 01.41.60.19.60.

7- Les signes de maltraitance et de violence

a- Cinq choses « très utiles » à dire à l’enfant qui se confie :

1- Vous savez qu’il ne vous ment pas
2- Vous etes fier de sa démarche et qu’il s’adresse à vous
3- Vous etes désolé de ce qui s’est passé
4- Vous etes certain que ce n’est pas de sa faute
5- Vous allez vous en occuper et trouver de l’aide rapidement.

b- Les signes d’appel de maltraitance
Pour tout signalement, quand on est certain de la maltraitance, envoyer un courrier à l’ IA, à l’Aide Sociale à l’enfance et au Procureur de la république. Il est nécessaire de se protéger en précisant : en vertu de l’article 40 du code de procédure pénal, je vous informe que …

Enfant anoralement craintif

Etat de stress se manifestant par un repli soit par une agitation incessante et aggressivité
Changement soudain de omportement et de caractère
Enfant qui a des difficultés à s’exprimer (troubles du langages et psychomoteur)
Retard de croissance inexpliqué. Cassure au niveau de la courbe de croissance et nanisme psycho-social
Hygiène corporelle déficiente
Enurésie (pipi au lit)
Troubles du sommeil avec en particulier des cauchemards répétitifs
Ecchymose multiples ou cicatrices nombreuses d’ages variables
Isolement, mutisme
Fracture des cotes chez un enfant de moins de 3 ans
Touffes de cheveux arrachées. Blessures au brulure mal expliquée
Des saignements rétiniens, le plus souvent bilatéraux sont observés chez 89 % des enfants qui ont souffert de blessures non-accidentelles : seousses violentes, compression thoraciques, coups directs…
Pseudo-maturité, dessins très sexualisés, exhibitionnisme.
Avidité affective
Rites de lavage (lavage répété des mains ou autres parties du corps)

c- Proposition d’une démarche pédagogique


Quelle démarche pédagogique adoptée en classe lorsqu’il s’agit de problème de santé, de violence ou d’environnement ?

Situation de départ
à partir de visite, évènement, film, diapo, texte…

Quelles sont vos réactions?
Qu’en pensez-vous?


Le but est de découvrir les représentations et hypothèses des élèves et d’affiner ses objectifs pour l’enseignement.

Quelles sont vos questions?


Il s’agit de placer les élèves en situation de recherche…


Les questions sont notées au tableau par les élèves puis regroupées par thèmes fin de déboucher qur quelques grands problèmes


Recherche par groupes ou par équipes en utilisant de nouveaux documents


Présentation mutuelle des travaux, puis les notions essentielles de prévention sont formulées.


Que peut-on faire pour informer et protéger les autres?


Réalisation d’une exposition, livre, pièce de théatre …


Si acte de violence : comment aider la victime et lui garantir la sécurité ? Comment éviter que cela se reproduise?


Dans tous les cas, l’idée est d’impliquer, de réaliser ensemble quelque chose qui soit utile.

 

 

Je lutte contre la violence et la maltraitance quand je lutte contre l’échec scolaire :
– Je ne me situe pas dans une logique de classement et préfère me placer dans une logique de progrès individuel.
– Je convie les élèves à exercer une véritable responsabilité, à participer à la gestion du matériel et du temps et à la prise de décision, à définir de façon concertée les règles de vie.
– Je présente aux enfants mes objectifs, les enjeux et le pourquoi des choses.
– Je tente de mettre en place une aide individualisée.
– « Quand on puni rarement l’enfant perçoit que c’est grave »
– Je donne la possibilité aux jeunes de s’affirmer avec leurs gestes, leurs mots, leur vécu.

Conclusion


La maltraitance est dirigée contre les enfants mais pas seulement :
Les femmes sont concernées (1/10 déclare avoir été victime de violences conjugales)
Viols femmes informations : 0800059595 (appel gratuit)
SOS femmes : 3615 sos femme
Les personnes agées : la maltraitance toucherait 5 % de la population de plus de 65 ans en France.
Les handicapés.


C’est dès le plus jeune age que les parents et l’école doivent mener un travail de prévention :


1- Mener un travail sur le corps et apprendre à l’enfant que son corps lui appartient
Le bonheur de la vie
Histoire de l’amour et de la sexualité racontée aux enfants

Fomilage Production (tel : 01.75.43.60.30)
Il s’agit de courts épisodes pour les élèves de primaire.

2- L’informer sur l’existence des abus sexuels, des autres formes de maltraitance et des conséquences du refus de la différence :
Permis de prudence : brochure sous forme de jeu-text de 16 pages destinée à des enfants de 7 à 12 ans. Elle est le résultat d’une collaboration entre le journal Astrapi et le secrétariat d’Etat chargé de la famille.
Lili a été suivie, un livre de Dominique Saint Mars et dessiné par Serge Bloch. Edition Calligram 1994
L’association Je tu il sur les abus sexuels (tel : 01.42.67.87.94) http://jetuil.asso.fr
Juliette et l’inconnu est un reportage de fiction destiné à des enfants de 8 à 12 ans et produit par « Action Prévention Enfance ». Film mis à disposition en pret dans les CDDP. Juliette est victime d’une agression sexuelle. Elle se confie à une amie qui va l’aider grace à un travail de prévention menée dans son école.


Nº de téléphone utiles

Allo enfance maltraitée (24 heures sur 24) : 119
Sos enfance en danger (24 heures sur 24) : 0 800 03 46 01
Sos parents désemparés : 0 800 03 46 08
Enfance et partage : 0 800 05 12 34
Victimes de discrimination raciale : 114
Ecoute santé : 0 800 150 160
La Croix Rouge écoute : 0 800 23 13 13
Drogues Info-service : 0 800 858 858

Police secours : 17 – 112
Samu : 15
Pompiers : 18
SOS dentaire : 01 43 37 51 00
Urgences pédiatrie : 01 44 09 84 85
Urgences psychiatrie : 01 47 07 24 24
SOS brulures graves : 01 49 28 20 00
SOS décès : 01 42 02 99 99
Aide aux victimes : 0 810 09 86 09
Centre anti-poison : 01 40 05 48 48
SOS médecin : 01 47 07 77 77
Infirmiers de nuit : 01 45 77 40 50
Urgences ophtalmologie : 01 42 34 80 36
Allo scolaire : 01 42 76 23 45
SOS urgence Maman : 01 45 75 87 37
Enfance maltraitée : 0 800 05 41 41
SOS Avocats : 0 803 39 33 00